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Pas grand-chose à espérer des Américaines

Depuis le déclenchement de la crise, la chance d’être embauché par une banque anglo-saxonne à Paris s’était réduite à peau de chagrin. Les résultats publiés aujourd’hui par Merrill Lynch réduit un tel espoir à néant. Pour le quatrième trimestre consécutif, la troisième banque d'investissement américaine doit faire face à une perte nette (AFP). Pour ce deuxième trimestre, elle s'élève cette fois à 4,89 milliards de dollars, soit un bilan annuel négatif de 19 milliards... En outre, Merrill Lynch a indiqué avoir supprimé 4 200 emplois depuis le début de l'année, pour l'essentiel aux États-Unis, soit plus que les 4 000 initialement prévus.

De son côté, Citigroup a publié une lourde perte de 2,5 milliards de dollars au deuxième trimestre, perte moins importante toutefois que celle redoutée par les analystes (Reuters).

« Cela fait des mois que les banques anglo-saxonnes n’embauchent plus à Paris. Certaines ont même réduit leurs équipes », observe un chasseur de têtes parisien qui a souhaité garder l’anonymat. Pour lui, l’hypothèse d’une reprise des embauches avant 2009 est irréaliste.

JP Morgan, qui semble mieux résister que ses consœurs (AFP), est loin de fanfaronner : « Nous pensons que l'environnement économique restera faible, et s'empirera même probablement, et les marchés financiers resteront sous pression. Nous restons conscients que des risques substantiels pèsent encore sur nos résultats, et ces facteurs affecteront probablement notre business pour le reste de l'année, voire pour plus longtemps », a déclaré son CEO Jamie Dimon. Même si les bénéfices de la banque ont fondu de 52 % par rapport à la même période l’an passé, ils restent largement positifs, à 2 milliards de dollars pour ce deuxième trimestre 2008.

Ses banquiers n’ont d’ailleurs pas manqué d’être récompensés, si l’on en croit la part croissante du poste rémunérations dans le total des dépenses de ce deuxième trimestre (57 % contre 41 % pour Q1). « On ne veut pas que nos banquiers dépriment », a justifié avec une pointe d’humour Jamie Dimon (Reuters).

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